Tachycardie

Écrit par les experts Ooreka
Tachycardie

La tachycardie est une accélération du rythme du cœur. Celui-ci, chez une personne en bonne santé, bat entre 60 et 100 fois par minute au repos. Lors d'une tachycardie, le rythme cardiaque augmente de façon significative.

Cette tachycardie peut être totalement bénigne ou, au contraire, signer un dysfonctionnement grave. Voyons quelques rappels anatomiques et quels peuvent être les causes, symptômes et traitements d'une tachycardie.

Tachycardie : rappels anatomiques et définitions

Le cœur est constitué de 4 cavités :

  • 2 cavités supérieures : les oreillettes,
  • 2 cavités inférieures : les ventricules.

Le "nœud sinusal" est le contrôleur naturel du rythme cardiaque. Il est situé dans l'oreillette droite. Il envoie des impulsions électriques, celles-ci sont à l'origine des battements cardiaques.

Le circuit électrique du cœur est le suivant :

  • impulsion dans les oreillettes entraînant la contraction des muscles des oreillettes ;
  • pompage du sang vers les ventricules ;
  • l'impulsion arrive dans le nœud auriculo-ventriculaire, qui la ralentit, puis l'envoie vers les ventricules ;
  • pendant le ralentissement du signal électrique, les ventricules se remplissent de sang ;
  • l'impulsion atteint le ventricule, qui se contracte et envoie le sang vers les poumons et le reste du corps.

Causes et symptômes d'une tachycardie

Causes non cardiaques

La tachycardie est causée par la perturbation du signal électrique qui contrôle l'action de pompage du cœur.

Cette perturbation peut être causée par différents facteurs extra-cardiaques, qui peuvent être :

  • le stress : sous l'effet de celui-ci, des hormones sont relâchées dans la circulation sanguine, hormones qui augmentent le rythme cardiaque ;
  • un effort physique ;
  • l'anxiété ;
  • la fièvre ;
  • une déshydratation ;
  • une anémie ;
  • une hémorragie ;
  • une hyperthyroïdie ;
  • une consommation excessive de différentes substances : alcool, tabac, drogues stimulantes ;
  • l'effet secondaire de certains médicaments ;
  • l'hypertension ;
  • une hypoglycémie.

Causes liées aux troubles du rythme cardiaque

La tachycardie peut également être due à des perturbations électriques consécutives à une pathologie cardiaque.

Certaines de ces pathologies sont présentes dès la naissance. Elles peuvent être bénignes, comme une anomalie électrique au niveau des oreillettes. Mais, par contre, une anomalie électrique concernant les ventricules peut signaler une atteinte du cœur et elle est, de ce fait, plus inquiétante.

Symptômes de la tachycardie

La palette de symptômes d'une tachycardie est très vaste : elle va d'une absence totale de symptômes à différents malaises possibles.

À noter : généralement, on ressent des palpitations, comme des coups dans la poitrine et l'on constate l'accélération du pouls.

Les autres symptômes possibles sont :

  • une sensation d'oppression, de malaise ;
  • une syncope ;
  • un essoufflement ;
  • des vertiges ;
  • une faiblesse soudaine.

Remarque : une tachycardie peut survenir brusquement, sans autres symptômes précurseurs et cesser tout aussi brutalement. Elle peut aussi être permanente et parfaitement tolérée. Toutefois, absence ou pas de symptômes ne présage pas de la gravité de la tachycardie.

Différents types de tachycardie

Ainsi, une tachycardie peut être bénigne ou signaler une pathologie cardiaque comme une valvulopathie, une cardiomyopathie, une insuffisance cardiaque ou coronarienne, qui entraînent une accélération du cœur pour pallier une mauvaise irrigation sanguine.

À noter : les tachycardies peuvent survenir au niveau des oreillettes ou des ventricules. Les premières sont le plus souvent bénignes alors que les secondes sont souvent graves.

Les types les plus courants de tachycardie sont :

  • La tachycardie sinusale : elle est le plus souvent bénigne. C'est aussi la tachycardie la plus fréquente. Elle correspond aux oreillettes qui battent trop vite, alors que les ventricules battent au rythme opposé. Le cœur bat à plus de 100 battements par minute. Les causes sont le plus souvent non cardiaques.
  • La tachycardie supraventriculaire : elle survient le plus souvent chez des personnes jeunes ayant un trouble de l'impulsion électrique depuis leur naissance. Le cœur bat à 160-200 battements par minute pendant quelques minutes à quelques heures. Il en existe plusieurs sortes : la maladie de Bouveret, le syndrome de Wolff-Parkinson-White. On ne la traite que si elle devient invalidante.
  • La tachyarythmie : le rythme cardiaque est alors rapide et irrégulier.
  • La tachycardie paroxystique : elle peut être auriculaire (des oreillettes) ou ventriculaire (des ventricules). Elle se traduit par un pouls très rapide (de 160 à 190 battements par minute) et peut être déclenchée par un effort anodin, par un choc ou même sans raison particulière. Elle apparaît brusquement et disparaît tout aussi soudainement au bout de quelques minutes ou de quelques heures.
  • La fibrillation auriculaire : elle est plus fréquente chez les personnes âgées et se manifeste par un pouls irrégulier. Elle survient généralement à cause d'un problème cardiaque, mais peut être due à un dysfonctionnement de la thyroïde, des problèmes pulmonaires ou un excès d'alcool. En France, elle est responsable d'1/4 des 130 000 accidents vasculaires cérébraux diagnostiqués chaque année.
  • La tachycardie ventriculaire : due à une lésion dans le ventricule, elle entraîne une forte accélération du rythme cardiaque. Elle est grave, peut entraîner la mort, et est consécutive à la survenue d'un infarctus, de différentes maladies cardiaques ou d'une insuffisance cardiaque.
  • Le flutter auriculaire : il s'agit d'un battement très rapide mais régulier des oreillettes, causé par des signaux électriques irréguliers dans les oreillettes. Les symptômes peuvent s'améliorer d'eux-mêmes ou persister. Ils peuvent être associés à des fibrillations auriculaires à d'autres moments.
  • La fibrillation ventriculaire : elle se produit lorsque des impulsions électriques provoquent des tremblements inefficaces chez les ventricules qui ne leur permettent pas de pomper le sang nécessaire au bon fonctionnement de l'organisme. Cette arythmie doit être prise en charge dans les premières minutes, sous peine d'entraîner la mort. Elle est le plus souvent consécutive à une maladie cardiaque existante ou à un grave traumatisme.

Tachycardie : la diagnostiquer et la traiter

Diagnostic de la maladie

Le diagnostic d'une tachycardie peut être totalement fortuit si celle-ci est asymptomatique et peut donc être réalisé au cours d'un examen clinique banal.

Plus qu'une tachycardie, on cherchera à en diagnostiquer les causes afin d'évaluer la nécessité de traiter ou pas.

Attention : seul le médecin peut décider du traitement de votre tachycardie.

N'hésitez pas à consulter si vous ressentez un ou plusieurs symptômes évoqués, une tachycardie est souvent bénigne, mais peut aussi être due à une maladie cardiaque grave qui peut entraîner la mort.

Les outils de diagnostic sont les suivants :

  • la prise du pouls ;
  • l'électrocardiogramme ou ECG : des électrodes attachées sur le thorax détectent les signaux électriques du cœur ;
  • l'angiographie coronaire : on introduit une petite sonde jusqu'aux artères coronaires pour évaluer leur état ;
  • un test holter : on pose un appareil pendant 24 heures, celui-ci va enregistrer les signaux électriques de votre coeur pendant toute une journée "normale" ;
  • un test d'effort : on réalise un ECG pendant une période d'exercice physique ;
  • un échocardiogramme : on réalise une échographie du cœur pour en observer les images.

Tachycardie : quels traitements ?

Le traitement d'une tachycardie dépend de sa cause. On peut ne faire aucun traitement si l'arythmie est bien tolérée et sans gravité.

Les différents traitements sont :

  • différentes manœuvres dites de Valsava, dans certains cas bénins ;
  • les médicaments : des anti-arythmiques, parfois des anti-coagulants ;
  • un petit acte de chirurgie visant à "brûler" la partie du cœur qui émet un signal électrique perturbateur afin de calmer le circuit défaillant ;
  • la pose d'un défibrillateur externe ou implantable ;
  • une intervention cardiaque pour enlever le circuit défaillant.

Attention : le respect strict de la prescription du médecin (dose et horaires) est indispensable. Par ailleurs, il existe différentes précautions à respecter lors de la pose d'un pacemaker, parlez-en avec votre médecin.

La tachycardie peut survenir pour des causes aussi bien complètement bénignes que potentiellement graves. Elle n'est donc pas à prendre à la légère. D'autant qu'elle peut aussi entraîner des complications sévères comme une embolie ou un accident vasculaire cérébral, une insuffisance cardiaque ou même la mort subite.On pourra en prévenir l'apparition, dans les cas les plus bénins, en veillant à une bonne hygiène de vie : bonne alimentation, pas de tabac, pas de consommation excessive de produits excitants tels que le café, l'alcool, et enfin une activité physique régulière.

Et si, malgré tout, vous avez besoin d'un traitement, celui-ci sera fonction de ce qui a causé l'arythmie.

Bon à savoir : chez les adolescents et les jeunes adultes, améliorer ses capacités cardiorespiratoires et sa force musculaire en faisant de l'exercice réduit considérablement les risques d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque.

Pour en savoir plus :

  • L'angine de poitrine est une maladie cardiaque à ne pas confondre avec les angines qui vont affecter la gorge. Informez-vous sur ses causes, ses symptômes et son traitement.
  • Une maladie rarissime et généralement asymptomatique : le cancer du cœur.
  • Causes et traitement de l'asthme cardiaque, qui entraîne des difficultés respiratoires.


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