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Il existe, chez tous les individus, un léger tremblement physiologique. Mais un tremblement peut toutefois signer une atteinte ou un dysfonctionnement au niveau de certaines structures du système nerveux.

Le tremblement est une contraction rythmée et involontaire des muscles, il est défini par une oscillation rythmique de tout le corps ou une partie du corps autour de sa position d'équilibre. Il existe 3 types de tremblement pathologique, qui peuvent tous, dans une certaine mesure, affecter les membres inférieurs. Faisons le point.

Jambe qui tremble : tremblement de repos

Comme son nom l'indique, il apparaît uniquement au repos, lorsque l'individu est immobile, et disparaît lors des mouvements volontaires.

Il est classiquement aggravé par les émotions, le calcul mental ou autre effort intellectuel :

  • Il est lent et régulier, touche les extrémités des membres, parfois la mâchoire mais ne touche pas la tête. Il est unilatéral, ou asymétrique.
  • Il signe un dysfonctionnement ou une lésion du système extra-pyramidal formé par des aires motrices cérébrales, les noyaux gris centraux et une partie du tronc cérébral. Le système extra-pyramidal est impliqué dans l'exécution et la programmation des mouvements involontaires. 
  • La cause la plus fréquente est le tremblement parkinsonien. Le syndrome parkinsonien comporte aussi une rigidité des membres ou hypertonie, et une lenteur dans l'initiation des mouvements appelée akinésie avec une marche à petits pas et un faciès figé. 

De nombreux médicaments sont à l'origine de syndromes parkinsoniens dits iatrogènes : les plus retrouvés sont les neuroleptiques et les neuroleptiques cachés type primpéran, les inhibiteurs calciques, le lithium, la cordarone, certains antidépresseurs, certains antiépileptiques, l'alphaméthyldopa.

Jambe qui tremble ou tremblement postural ou d'attitude

Ce tremblement est rapide, régulier et rythmé. Symétrique, il touche les membres supérieurs, le chef (type non-non), la voix (chevrotante), parfois les membres inférieurs.

Il apparaît dans le maintien d'une posture mais également dans l'action, et disparaît au repos. Il comporte 3 formes :

  • Le tremblement essentiel : c'est le plus fréquent. Son origine reste mal connue mais il correspond à un dysfonctionnement des circuits moteurs qui contrôlent la régularité du tonus musculaire. Il survient chez l'individu jeune entre 20 et 30 ans ou la personne de plus de 50 ans. Il existe souvent des antécédents familiaux.
  • Le tremblement physiologique exagéré : il affecte les extrémités (tremblement des mains ou des doigts) et est majoré par l'anxiété, le stress, l'excitation, la fatigue, l'effort, une hyperthyroïdie, la fièvre, le sevrage en alcool ou en tabac, la caféine, et certains médicaments (corticoïdes, lithium, agonistes dopaminergiques, etc.).
  • Le tremblement orthostatique primaire (TOP) : rare, sa cause est inconnue même s'il est parfois mis en lien avec différentes pathologies neurologiques. Il touche plutôt des femmes à partir de 50 ans. Rapide, il atteint les membres inférieurs (cuisses ou jambes) et le tronc uniquement en position debout immobile, provoquant une sensation d'instabilité avec impression d'une chute imminente obligeant la personne à trouver un point d'appui ou à se tenir jambes écartées. C'est un tremblement souvent invisible à l'œil nu mais que l'on ressent lorsque l'on pose la main sur les muscles. 

Tremblement d'action : en cause des jambes qui tremblent

Le tremblement d'action ou d'intention survient lors des mouvements volontaires, particulièrement les gestes précis. Il est présent au niveau de la racine des membres surtout le membre supérieur.

Sa fréquence est lente, il est souvent ample. Il s'agit d'un tremblement d'origine cérébelleuse (cervelet) :

  • le tremblement cérébelleux d'action accompagne le mouvement et son amplitude augmente à l'approche de la cible ; 
  • le tremblement cérébelleux postural apparaît au niveau des membres lorsqu'ils sont immobiles mais peut toucher l'axe du corps (tronc, tête).

Il est souvent en lien avec une lésion par atteinte du cervelet : sclérose en plaques, séquelles de traumatisme crânien, causes dégénératives, lésions vasculaires et autres lésions (tumeur, infection) du cervelet et de ses voies.

Il est également causé par certaines substances : alcool, amphétamines, bronchodilatateurs contre l'asthme, neuroleptiques, lithium, antidépresseurs tricycliques, exposition à certains solvants.

Tremblement de la jambe : diagnostic et traitements

En cas d'apparition d'un tremblement, il est préférable de consulter un neurologue. Une fois le tremblement caractérisé par l'interrogatoire et l'examen clinique, en dehors d'un tremblement essentiel évident qui ne nécessite pas d'explorations complémentaires, des examens orientent le diagnostic : bilan biologique, enregistrement du tremblement par électromyographie, imagerie cérébrale (scanner, IRM).

Concernant les traitements, ils diffèrent en fonction du tremblement :

  • Le traitement du tremblement parkinsonien repose sur les agonistes dopaminergiques et les anticholinergiques.
  • Le traitement du tremblement essentiel peut faire appel aux bêtabloquants, benzodiazépines, ou à certains antiépileptiques.
  • Certains patients sont traités par injections de toxine botulinique qui paralyse les muscles.

Exceptionnellement, en cas de résistance au traitement médical et d'impact fonctionnel majeur, il existe des solutions de neurochirurgie, au sein de centres spécialisés : stimulation cérébrale profonde au niveau thalamique.